Guillaume Payre, webmaster à Grenoble

site sur le webmastering, le renseignement et d'autres choses

Archive pour février 2010

liste de comptes twitter défense et renseignement (espionnage)

Publié par payre le 2010/02/17

- http://twitter.com/SecretDefense
compte twitter du journaliste défense du quotidien Libération Jean-Dominique Merchet, blogueur sur http://secretdefense.blogs.liberation.fr/

- http://twitter.com/DefenseOuverte
compte twitter du journaliste défense de l’hebdomadaire Le Point Jean Guisnel, chroniqueur sur
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel

http://twitter.com/leMamouth et http://twitter.com/LEVRAIMAMOUTH
comptes twitter du journaliste Jean-Marc Tanguy, blogueur sur http://lemamouth.blogspot.com/

http://twitter.com/Zone_militaire
compte twitter du correspondant défense de l’Agence France-Presse (AFP) Hervé ASQUIN

http://twitter.com/zonemilitaire
compte twitter de Laurent Lagneau
http://www.opex360.com/
Actualité de la défense et de la sécurité

- http://twitter.com/actudefense
Jeune journaliste spécialiste des questions de défense et de relations internationales à Strasbourg
http://www.actudefense.com/

- http://twitter.com/armeedeterrefr
compte twitter officiel de l’Armée de terre (tenu par la DICOD ? l’EMAT ?)

- http://twitter.com/spyworld_actu
compte twitter du site
http://www.spyworld-actu.com/

http://twitter.com/mdiplo
compte twitter du mensuel Le Monde diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr

- http://twitter.com/infoguerre
compte twitter de Charles Pahlawan, business developer (?) à l’école de guerre économique (EGE) et webmaster du site
http://www.infoguerre.fr/

- http://twitter.com/bruxelles2
compte twitter de Nicolas Gros-Verheyde, correspondant à bruxelles du quotidien régional Ouest-France et blogueur sur
http://www.bruxelles2.eu/

- http://twitter.com/renseignor
compte twitter d’Alain Charret, blogueur sur
http://ecouteetrenseignement.blogspot.com/

- http://twitter.com/egea_blog

- http://twitter.com/MarineNationale

- http://twitter.com/ISAFmedia, compte twitter de l’ISAF (International Security Assistance Force) en Afghanistan

- http://twitter.com/AndersFoghR, Secretary General of NATO

- – Ministère de la Défense
https://twitter.com/Defense_gouv

- http://twitter.com/payre
compte twitter de Guillaume Payre, votre serviteur, blogueur sur
http://payre.wordpress.com/, blog de Guillaume Payre

Tous ces comptes twitter ci-dessus sont aussi listés sur la liste twitter “défense-renseignement” :
http://twitter.com/payre/defense-renseignement/members

Publié dans défense, guerre, renseignement | 2 Commentaires »

à la recherche d’un emploi/stage de Webmaster ou community manager en télétravail

Publié par payre le 2010/02/10

Je suis à la recherche d’un emploi ou d’un stage en télétravail*.

Voici mon CV : CV de Guillaume Payre et les postes sur lesquels je suis compétent :
- webmaster d’un site Internet existant ou à créer
- modérateur de forum ou des commentaires d’un blog
- “community manager” : manager de communauté
twitter, facebook ou autre
- installateur des
CMS libres WordPress ou SPIP sur des hébergements avec base de données MySQL
- rédacteur après avoir fait de la veille sur Internet

*à propos du télétravail : la plupart de mon activité devra avoir lieu en télétravail (j’ai l’ADSL et 2 PC puissants chez moi) mais je peux me déplacer 3 jours par semaine en région grenobloise si l’entreprise qui m’embauche est aux alentours de Grenoble ou 1 fois par semaine en région lyonnaise si l’entreprise qui m’embauche est à Lyon ou 2 fois par mois à Paris si l’entreprise qui m’embauche est dans le 75.

Je dispose d’un véhicule et du permis voiture. pour les déplacements autour de Grenoble.

Je suis disponible à partir du 8 mars 2010.
J’ai la reconnaissance “travailleur handicapé” donc toute entreprise privée de plus de 20 salariés peut me décompter parmi ses 6 % de travailleurs handicapés obligatoires et évitera ainsi de payer des pénalités.

Si jamais vous avez connaissance d’un poste disponible ou d’une entreprise qui embauche (des handicapés) en télétravail, n’hésitez pas à me le faire savoir. Si vous avez des idées de pistes ou pouvez transmettre mon CV à des recruteurs ou DRH, ne vous privez pas.

J’ai déjà quelques pistes d’entreprises qui recrutent en télétravail (Wikio, Regioneo, René Trégoüet, un ancien sénateur lyonnais…) mais rien de concret pour l’instant.

Merci beaucoup.

Publié dans client, Grenoble, jobs, Lyon, Paris, région, Rhône-Alpes | 4 Commentaires »

article du Monde sur les élections régionales en Rhône-Alpes

Publié par payre le 2010/02/09

Les maigres chances de la droite en Rhône Alpes

LE MONDE | 09.02.10 | 12h40 • Mis à jour le 09.02.10 | 20h06

Curieux clin d’oeil : alors que s’ouvre la campagne pour les élections régionales, l’ancien président de région, Charles Millon, a été renvoyé vendredi 5 février devant le tribunal correctionnel de Lyon “pour prise illégale d’intérêts”. Il lui est reproché d’avoir embauché du personnel de maison pour son propre compte aux frais de la région qu’il présida de 1988 à 1999.

Jusqu’aux élections sénatoriales de 2008 où il a été candidat, Charles Millon, qui avait pactisé en 1998 avec le Front national, a été au centre de toutes les campagnes électorales. En 2004, la droite emmenée par Anne-Marie Comparini (UDF) avait encore fait la part belle aux amis de M. Millon et créé les conditions de son échec.

Cette fois, elle n’est pas tombée dans le piège et a préféré, à la candidature de Jean-Claude Carle et d’Etienne Blanc, deux anciens proches de M. Millon, celle de Françoise Grossetête (UMP). La page du millonisme, qui a tant traumatisé la droite lyonnaise et rhônalpine, est enfin tournée. Anne-Marie Comparini, qui lui avait succédé avant d’être battue en 2004 par Jean-Jack Queyranne, a, elle aussi, quitté la vie politique.

En une décennie, le paysage rhônalpin s’est totalement transformé : cette terre longtemps centriste s’est fortement rosie. Toutes les grandes villes de la région ont été conquises par le PS : Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, etc. La droite ne tient plus qu’Annecy. La gauche a pris les rênes de quatre départements sur huit. Le centre s’est effondré. La gauche, représentante d’un socialisme plutôt tempéré, lui a succédé. “La région est passée du centre droit au centre gauche”, analyse Jean-Jack Queyranne, le président socialiste sortant, qui n’hésite pas à se présenter, comme “l’héritier de Raymond Barre”. Depuis 2004, l’ancien porte-parole du PS cogère la région avec les Verts, les communistes et le PRG. Mais, en dehors des radicaux de gauche, M. Queyranne n’a convaincu aucun de ses alliés de se présenter unis aux élections. Il le regrette, persuadé qu’il aurait pu gagner dès le premier tour, avec une large union allant jusqu’au MoDem. “Ça aurait eu de la gueule. Et nous aurions pu donner un sérieux avertissement au gouvernement”, se désole-t-il.

Les Verts, dopés par leur score aux européennes (18,2 %), ont préféré partir sous les couleurs d’Europe Ecologie, emmenés par une personnalité issue de la société civile, Philippe Meirieu, professeur de sciences de l’éducation à l’université Lyon-II.

M. Queyranne s’est résolu à quelques débauchages, notamment celui d’Hélène Blanchard, l’une de ses vice-présidentes, qui a quitté les Verts, ainsi que deux conseillers régionaux écologistes sortants. “Jean-Jack Queyranne affiche sa vertitude”, ironise Philippe Meirieu. Les deux concurrents, futurs alliés, se ménagent cependant. “Le bilan de Jean-Jack Queyranne est honorable, reconnaît la tête de liste d’Europe Ecologie. Nous sommes concurrents, pas adversaires.”

Le président sortant a réussi à rallier dans la dernière ligne droite le président départemental du Parti radical, membre de l’UMP, Gérard Périssin-Fabert, maire du Grand Bornand (Haute-Savoie). Enfin, pour ajouter une touche “people” à ses listes, il a été rejoint par l’ancien champion olympique de patinage artistique Gwendal Peizerat. “Nous, nous ne faisons pas dans le casting”, raille Philippe Meirieu.

Les communistes, pour leur part, se sont alliés au Front de gauche auxquels ils ont cédé la tête de liste, permettant à la conseillère régionale sortante, Elisa Martin, d’occuper cette place. Le MoDem, enfin, a suivi les consignes de François Bayrou et s’est vu contraint de présenter une liste autonome.

En ce début de campagne un peu morne, les centristes ont, à eux seuls, animé le paysage par leurs divisions. Leur chef de file, Azouz Begag, ancien ministre délégué à l’égalité des chances dans le gouvernement de Dominique de Villepin, a maille à partir avec les élus et cadres qui, alertés par les mauvais sondages, plaidaient pour une alliance dès le premier tour avec les socialistes. Faux mails, vrais blogs, vraies fausses démissions des têtes de liste : François Bayrou et Marielle de Sarnez ont le plus grand mal à ramener à la raison une famille centriste éclatée.

Malgré les contestations, Azouz Begag se dit déterminé à mener une campagne décalée pour “rapprocher, dit-il, les citoyens de leur élus”. “Malgré l’argent dépensé dans la communication par M. Queyranne, 80 % des habitants de la région ne connaissent pas leur président”, assure-t-il. Lui, se présente en “candidat authentique”, hostile à tout cumul de mandats “pour restaurer la confiance et la proximité”. “Je souhaite être une figure transformationnelle de la vie politique française”, affirme-t-il .

Face au président sortant, la droite unie a peu de chances de reconquérir la région, perdue en 2004, même si le spectre d’une triangulaire avec le FN emmené par Bruno Gollnisch semble s’éloigner. Chef de file de la droite, la députée européenne UMP Françoise Grossetête sait que le contexte national ne lui est guère favorable. Comme la plupart des chefs de file régionaux de la droite, la candidate privilégiera une campagne locale, centrée sur le bilan de son adversaire socialiste.

“Sous son mandat, accuse la candidate, les structures se sont alourdies au détriment de la réactivité. La politique de M. Queyranne est trop rigide et trop idéologique. Auparavant, on adaptait la politique régionale aux besoins. Je veux faire du sur-mesure, notamment en matière de formation.” Dénonçant “les hausses fiscales” décidées par son adversaire et ses “dérives” en matière de communication, la candidate promet une “fiscalité zéro”.

Pour doper sa campagne, M. Queyranne tente, à l’inverse, de nationaliser l’enjeu du scrutin, en appelant les électeurs à s’opposer à la réforme des collectivités territoriales proposée par le gouvernement et à sanctionner la politique “d’inégalités” de Nicolas Sarkozy. “L’Etat, affirme-t-il veut affaiblir les régions qui fonctionnent bien et qui ont pris le relais de l’Etat dans bien des domaines. Voter les 14 et 21 mars, c’est un moyen de jeter aux oubliettes cette réforme et la politique de recentralisation menée par le gouvernement.”

Sophie Landrin

http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/02/09/les-maigres-chances-de-la-droite_1303119_1293905.html

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comment intégrer un player son dans un site en Flash ?

Publié par payre le 2010/02/08

Dans le cadre d’un projet de site Web que je fais avec 2 étudiantes en webmastering de l’ICM et une étudiante en journalisme de l’IEP Grenoble, nous devons intégrer 4 sons (fichiers mp3) dans un site Web en full flash.

Nous aimerions faire des players sons avec un bouton lecture/pause et une barre de défilement dans une page en full flash.

Nous aimerions aussi que les fichiers soient “appelés” et non inclus dans le fichier swf pour ne pas l’alourdir.

Comment faire ?

J’ai trouvé ce tutoriel http://www.adobe.com/support/flash/sound/sound_player/sound_player04.html
mais il m’a l’air compliqué et je ne vois pas où le son est appelé.

Merci beaucoup.

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réaction à la position de Dominique de Villepin pour un retrait d’Afghanistan des forces françaises

Publié par payre le 2010/02/06

Un ami se félicitait dans un post sur le forum des étudiants de Sciences Po Paris de la position de Dominique de Villepin pour un retrait des forces françaises engagées en Afghanistan :

[...] Je suis heureux qu’après avoir soutenu cette guerre en tant que membre du gouvernement, il ait déclaré à Sciences Po qu’il était favorable à un retrait de la guerre en Afghanistan. [...]

Bon, on me dira à juste titre qu’il est facile de tenir cette position à la place où il est. Mais tout de même, c’est un retrournement de veste qui m’est agréable.

Voici la réponse intelligente qui a été fait par “huron”, un autre forumeur (dont je ne connais pas l’identité mais qui dit toujours des choses intéressantes en matière de défense) :

C’est stupide de dire qu’on est “favorable à un retrait de la guerre d’Afghanistan”… Tout le monde est favorable à un retrait, même les Yankees (leur retrait est d’ailleurs déjà planifié : 2011). La vrai question c’est un retrait quand ? comment ? avec quelles conséquences ? selon quel calendrier ? Tu peux tout aussi bien te retirer après un envoi massif de troupes pour “finir le boulot” (stratégie étasunienne actuelle) que te retirer unilatéralement en enlevant toute présence étrangère (l’Afghanistan plonge sans doute dans le chaos). Donc ça ne veut rien dire être “pour le retrait”.

Je ne peux que souscrire à cette réflexion pleine de bon sens et qui oppose à cette annonce démagogique de Dominique de Villepin le principe de réalités.

Voici ci-dessous ce que j’ai ajouté en réponse  à ces posts. C’est ma position sur cette “sortie” anti-sarkozyste de Dominique de Villepin au lendemain de sa relaxe provisoire au procès Clearstream où Nicolas Sarkozy était partie civile.

Dominique de Villepin est assez proche de l’inconstance. Pourquoi quand il est aux affaires il tient un discours (“on reste en Afghanistan”) et quand il est dans l’opposition à Sarkozy il en tient un autre, comme par hasard exactement contraire à celui de son ennemi intime : “on se retire”. Je lui reconnais juste une cohérence entre sa position actuelle et le retrait des forces spéciales à l’époque en 2006 comme le rappelle Jean-Dominique Merchet sur le blog Secret Défense. Si c’était vraiment un début de retrait, ça n’était pas annoncé comme tel de 2005 à 2007 quand Dominique de Villepin était aux affaires. Et pendant la campagne présidentielle il n’a pas défendu cette position. Personnellement je vois surtout de l’opportunisme là-dedans. De plus, beaucoup d’Afghans à Kaboul et autour (qu’ils soient d’ethnie pachtoune, hazara, ouzbek ou tadjik) sont pour la présence de forces de l’OTAN et contre la présence des talibans pakistanais et tchétchènes, sans compter les agents de déstabilisation iraniens. Je me suis réintéressé récemment à l’Afghanistan (mon voisin y est parti en novembre pour 6 mois et un ami d’enfance aussi). J’ai lu le livre de Jean-Dominique Merchet Mourir pour l’Afghanistan
dans lequel celui-ci prône un retrait après des négociations avec les Talibans. J’ai aussi vu les 10 épisodes de la série documentaire de l’acteur/journaliste Ross Kemp en Afghanistan Ross Kemp In Afghanistan
dans laquelle un soldat de l’ANA (Armée Nationale Afghane) était pour le maintien de l’ISAF. Et série dans laquelle (dans  le dernier épisode de la “saison 2″ “Ross Kemp returns to Afghanistan”) l’ambassadeur britannique disait en 2008 que la présence étrangère et le soutien au gouvernement afghan durerait encore 10 ans. Il me reste encore 4 livres à lire sur l’Afghanistan dont 2 en français, j’en ferai le compte-rendu sur ce blog dès que je serai en vacances, le 22 février. Mon avis personnel est que le “surge” et les nouvelles règles d’engagement établies par le général américain commandant l’ISAF Stanley McChrystal ont de bonnes chances d’aboutir à un Afghanistan apaisé si ce n’est pacifié. Et la montée en puissance de l’ANA et de l’ANP (Aghan National Police) va produire des effets. On peut juste regretter les maigres soldes des soldats de l’ANA et des policiers de l’ANP comme le faisait un rapport récent du RETEX (retour d’expérience) d’un officier français que je vais essayer de retrouver (voir billet ci-dessous).

Voici les livres que j’ai déjà lu sur l’Afghanistan :

Jean-Dominique Merchet, Mourir pour l’Afghanistan

Christophe de Ponfilly, Massoud l’afghan

Brigitte Brault, Pour l’amour d’un guerrier

et voici les livres qu’il me reste à lire :

Ariane Quentier, Afghanistan : au coeur du chaos

Géopolitique du nouvel Afghanistan de Patrick Dombrowsky et Simone Piernas

Ross Kemp on Afghanistan

Jason BURKE, On the Road to Kandahar: Travels Through Conflict in the Islamic World

Publié dans Afghanistan, contre-terrorisme, guerre, Kaboul, pays, politique, renseignement, ville | Laisser un Commentaire »

retour d’expérience de Kaboul, Afghanistan du lieutenant-colonel Michel Goya

Publié par payre le 2010/02/06

Le texte ci-dessous est le RETEX (retour d’expérience) du lieutenant-colonel Michel GOYA, directeur du domaine “Etude des nouveaux conflits” à l’IRSEM, qui fait part de ses observations après dix jours passés sur le terrain à Kaboul, Afghanistan à l’automne 2009.

Les passages grassés l’ont été fait par Guillaume Payre.

Les points de vue exprimés ici n’engagent que leur auteur à titre de chercheur, et ne sauraient engager aucune administration publique.

IMPRESSIONS DE KABOUL
Je me suis rendu à Kaboul du 5 au 15 octobre 2009, invité par l’opération Epidote afin de prononcer des conférences au profit des équivalents afghans du Collège interarmées de défense (CID) et du Centre des hautes études militaires (CHEM) (soit au total sept officiers généraux et vingt colonels) et suivre, avec eux, le stage de contre-insurrection organisé par les Américains. Le principal intérêt de ma mission a été d’échanger avec ces officiers afghans mais aussi de rencontrer, outre le personnel d’Epidote, le chef de corps du Bataillon français de Kaboul-Surobi, des officiers des OMLT (1) et certains membres français du quartier-général de la FIAS (ou ISAF). Je n’ai pas pu malheureusement me rendre dans la province de Kapisa.

La formation de l’armée nationale afghane

La Coalition apparaît comme une immense machine tournant un peu sur elle-même et souvent pour elle-même, en marge de la société afghane. Le QG de la FIAS (2000 personnes) et les différentes bases de Kaboul forment un archipel fermé sur l’immense majorité de la population. Les membres de la Coalition se déplacent en véhicules de base en base comme de petits corps étrangers, blindés et armés. Pour les Afghans, ces bases constituent des oasis de prospérité dont ils profitent bien peu. Prendre ses repas dans la base américaine Phoenix (où est logée Epidote) est surréaliste par l’abondance de produits offerts, presque tous importés des États-Unis, et ses couteux écrans plats diffusant en boucle les émissions de la chaîne des forces armées américaines (2/3 de sport et 1/3 de slogans sur la fierté d’être soldat, l’hygiène ou la lutte contre le harcèlement sexuel), univers aseptisé dont les Afghans sont absents sauf pour le nettoyer. Outre son caractère égoïste, cet archipel a le défaut d’être associé, dans les esprits afghans, à une administration locale corrompue, d’être multinational, avec ce que cela suppose comme complexité organisationnelle, et d’être sous domination d’une culture militaire américaine peu adaptée à ce type de conflit.

L’organisation de la formation des officiers afghans, cœur de la mission d’Epidote, est un bon exemple de ce que peut donner cette structure. Même si les Français sont plutôt leaders dans cette formation, les ordres sont donnés par un organisme conjoint Coalition-Ministère de la défense afghan dominé par les Anglo-saxons. Le résultat est un empilement de périodes de formation. De Saint-Cyr au CHEM, un officier français suivra sept périodes de ce type, là où le cursus de l’officier afghan, dans une armée qui n’est qu’une grosse infanterie et surtout est en guerre, en suivra neuf, avec toutes les difficultés que cela pose pour lui de venir à Kaboul, sans logement et avec une maigre solde. Durant ces différentes périodes de formation, il recevra des manuels qui ne sont que des traductions intégrales d’énormes documents américains, réalisées par la société privée MPRI (qui s’occupe aussi de la formation, essentielle, des commandants de bataillons).

Les officiers qui sortent de cette galaxie de stages sont ensuite gérés par le ministère de la défense afghan. Pour, entre autres, les raisons pratiques évoquées plus haut, les stagiaires sont majoritairement originaires de Kaboul et ne demandent qu’à y rester, quitte à acheter leur poste. Le facteur ethnique est également omniprésent et intervient dans toutes les décisions ou presque (j’ai vu des stagiaires pashtounes se plaindre de recevoir des calculatrices plus petites que celles données aux Hazaras). On se retrouve ainsi avec un décalage important entre le corps des officiers formé à Kaboul et celui qui combat sur le terrain. Et encore, les officiers désertent-ils peu par rapport aux sous-officiers et militaires du rang (3% contre respectivement 12% et 34 % !). Au total, l’ensemble du système de formation de l’armée afghane apparaît comme une machine à faible rendement alors que la ressource humaine locale, imprégnée de culture guerrière, est de qualité. On ne permet pas aux afghans de combattre à leur manière, en petites bandes très agressives (c’est-à-dire comme les rebelles qui nous avons en face de nous) tout en ayant du mal à les faire manœuvrer à l’occidentale.

On est donc en droit de s’interroger sur la réalisation du programme de multiplication par deux, voire trois, de l’armée afghane, demandé par le général McChrystal. Il est vrai que rien ne remplace les hommes dans ce type de guerre et que l’armée afghane actuelle est, par rapport à la population, deux fois moins importante que l’armée française, mais où trouvera-t-on les officiers pour encadrer et les Coalisés pour « mentorer » cette armée dilatée ? La tentation est alors très forte de diminuer les durées des stages de formation des hommes (la formation initiale des militaires du rang pourrait ainsi passer de 20 à 8 semaines) au risque d’un effondrement de la qualité.

Les généraux afghans avec qui j’évoquais cette question considèrent que la ressource humaine est suffisamment abondante pour fournir les effectifs nécessaires, à condition d’augmenter très sensiblement les soldes. Ils sont sidérés par le décalage entre les dépenses des coalisées et la faiblesse de la solde des soldats Afghans (une mission moyenne, sans tir, d’un chasseur-bombardier moderne équivaut presque à la solde mensuelle d’un bataillon afghan) d’autant plus qu’il existe un « marché de l’emploi guerrier ». Il suffirait probablement de doubler la solde des militaires afghans (soit un total d’environ 200 à 300 millions de dollars par an, dans une guerre qui en coûte plus d’un milliard par semaine aux seuls contribuables américains) pour, d’une part, diminuer sensiblement le taux de désertion et d’autre part attirer les guerriers qui se vendent au plus offrant (pour l’instant les mouvements rebelles). Mais il est vrai que personne ne demande vraiment leur avis aux officiers afghans, comme lorsqu’il a été décidé d’échanger les increvables AK-47 dont ils maîtrisent le fonctionnement dès l’enfance, par des M-16 trop encombrants pour eux.

La guerre à l’américaine

Ma plus grande surprise a concerné les Américains. J’avais constaté à plusieurs reprises il y a presque vingt ans, la médiocrité tactique de leurs petits échelons d’infanterie mais j’étais persuadé de leur progrès après des années de combat en Irak et en Afghanistan. Les témoignages de plusieurs officiers insérés dans des opérations américaines tendent à prouver que je me trompais et que les critiques de l’analyste (américain) William Lind étaient valides lorsqu’il dénonçait il y a peu la compensation de cette médiocrité par la puissance de feu, auto-entretenue par la jeunesse et le turn-over des recrues. Finalement, d’un point de vue tactique, les méthodes américaines ne sont guère différentes de l’époque de la guerre du Vietnam (à cette différence près que le moral des troupes reste très élevé) et dont on connaît les nombreux effets pervers. Au sein d’une culture afghane féodale, guerrière et mystique, cette puissance de feu écrasante est comme un Midas qui transforme en héros ceux qui s’opposent à elle, en martyr ceux qui en sont victimes et en vengeurs les proches de ces martyrs. Inversement, ceux qui se protègent derrière elle et refusent le combat rapproché apparaissent comme des lâches. Bien évidemment, et malgré les innombrables précautions (qui du coup en réduisent considérablement l’efficacité), cette dépendance au feu conduit régulièrement à des bavures catastrophiques, d’autant plus facilement exploitées médiatiquement qu’il n’y a pas de contre-propagande. Avec le temps, l’effritement du soutien des opinions publiques occidentales et, ce qui va de pair, avec la sensibilité croissante aux pertes, conduit mécaniquement à une plus grande distanciation de l’ennemi mais aussi de la population, jusqu’au rejet final. La bavure de Kunduz le 4 septembre dernier, lorsque les Allemands ont demandé aux Américains de détruire deux camions citernes détournés par les rebelles et offerts par ces derniers à la population, est symptomatique de cette spirale négative. Les officiers afghans ne comprennent pas que les Allemands n’aient pas envoyé une unité terrestre récupérer ces citernes, apparemment si importantes, et qu’ils n’aient pas compris qu’elles seraient entourées de civils.

Cette manière de faire la guerre à distance est incontestablement perdante à terme et toute la volonté de la directive Mac Chrystal est d’enrayer cette spirale « vietnamienne », mais il s’agit là d’un combat à mener contre la culture de sa propre armée.

La guerre à la française

Les Français ne sont que des acteurs mineurs au sein de cet ensemble complexe, mais ils conservent une bonne image, d’autant plus que leurs résultats sont très bons mais aussi très différents selon les provinces. Si le district de Surobi, là même où dix de nos soldats avaient été tués le 18 août 2008, semble en voie de pacification, la situation dans la province voisine de Kapisa est beaucoup plus difficile, sans doute parce que cette zone est aussi beaucoup plus stratégique pour les rebelles. Depuis un an, nous y avons combattu durement et efficacement, établissant au passage notre crédibilité tactique vis-à-vis Américains, mais nous n’avons pas entamé le volume des forces rebelles en face de nous et la liberté d’action que nous avons conquis au profit des forces de sécurité afghanes est sans cesse remise en question. Le nombre d’attaques contre les Français tend même à augmenter nettement. Conscient de l’impossibilité de contrôler toute sa zone avec ses moyens limités, le 3e Régiment d’infanterie de marine (RIMa), actuellement sur place, se contente d’une action indirecte et patiente concentrée sur la construction des routes et le repoussement des rebelles qui veulent s’y opposer, sans chercher à les traquer et les détruire, l’humiliation de la fuite valant parfois mieux qu’une destruction valorisante. En réalité, seuls quelques chefs de bande, surtout s’ils sont étrangers à la zone, méritent vraiment d’être éliminés, mais nous nous refusons à pratiquer le targeting (tout en laissant faire les Américains). Cette approche indirecte du 3e RIMa a fait l’unanimité des officiers afghans à qui je l’ai présenté.

De son côté, l’opération Epidote, pourtant essentielle, ne dispose que d’un budget de 700 000 euros (dont 450 000 consacrés à la location d’une vingtaine de véhicules). Un effort particulier est fait sur l’enseignement militaire supérieur, en compétition directe avec les Canadiens et les Allemands, qui voient là un créneau à la fois valorisant et peu dangereux. La visite du directeur français du CID est très attendue par les officiers afghans qui persistent à nous accorder leur préférence.

Sur le plan de l’image donnée de leur action en France, beaucoup de Français sur place ont le sentiment d’une opération à bas bruit et à bas coût, sorte de guerre d’Indochine en modèle réduit.

L’empire du milieu

Il faut être conscient que cette guerre sera longue et difficile, mais qu’elle est gagnable ne serait-ce que parce que les Talibans sont largement détestés. Au niveau stratégique, tous les officiers afghans rencontrés se plaignent de la gestion politique de cette guerre, considérant que l’action militaire comme continuation d’une politique corrompue ne peut qu’être corrompue elle-même. Tous réclament donc une action ferme de la Coalition sur l’administration. Le deuxième pilier de la victoire viendrait selon eux de l’arrêt total du soutien pakistanais aux mouvements rebelles. Ces deux conditions (considérables) réunies, il serait alors, toujours selon eux, facile de soumettre ou rallier les mouvements nationaux.

D’un point de vue tactique, ces officiers voient les contingents de la Coalition comme des « corps étrangers », qui, par les mesures de protection, l’importance des fonctions « basières » et la rotation fréquente des unités, ne forment qu’une écume au dessus du pays. Plus que par une augmentation des effectifs, le surcroît d’efficacité viendrait surtout d’une meilleure « greffe » de la Coalition dans le milieu afghan. Celle-ci pourrait prendre plusieurs formes. Les officiers afghans admettraient parfaitement que les bataillons français engagent directement sous contrat des soldats locaux dans leur rang, à la manière des unités « jaunies » d’Indochine. Une unité mixte associant la connaissance du milieu des Afghans et la compétence technique des Français serait un remarquable et peu couteux multiplicateur d’efficacité au sein de chaque bataillon. Des officiers français suggèrent aussi de créer un petit corps permanent d’« officiers des affaires afghanes », dont la connaissance parfaite de la langue et d’un secteur donné faciliterait grandement l’action des unités tournantes. D’autres parlent d’intégrer une composante de type « service militaire adapté » au sein même des bases françaises pour donner une formation professionnelle aux jeunes afghans.

Les propositions d’innovation ne manquent pas mais, comme souvent lorsque la situation est nouvelle, elles sont surtout le fait de ceux qui sont au contact des problèmes à résoudre. La difficulté vient alors de l’accord entre ce flux d’idées montantes et les moyens comptés.

12/11/2009

Publié dans Afghanistan, guerre, Kaboul, renseignement, ville | 3 Commentaires »

Un non spécialiste sur France Culture pour parler de l’affaire Google vs Chine

Publié par payre le 2010/02/01

Les enjeux internationaux, émission de radio que je recommande (j’ai eu la chance d’avoir Thierry Garcin comme professeur à Sciences Po Paris en 2002-2003) et que j’écoute depuis 2001, étaient consacrés aujourd’hui lundi 1er février 2010 à l’affaire Google versus Chine.

télécharger l’émission (clic droit -> “enregistrer sous”) ou l’écouter en streaming [format mp3, 7,2 Mo]

Malheureusement l’invité de Thierry Garcin était l’expert en tout et spécialiste en rien Philippe Moreau Defarges qui, vu son âge, ne doit pas connaitre grand chose d’Internet. Il aurait été plus intéressant d’inviter un vrai spécialiste d’Internet.

Et l’émission est passée à côté de faits importants :

- voici le lien vers le billet rédigé par le Chief Legal Officer de Google où a originellement été postée l’information de la fin de la censure des résultats sur www.google.cn et de la menace de Google de se retirer de Chine

- les piratages ont sûrement été le fait d’informaticiens de l’Armée Populaire de Libération (APL/PLA) ou d’agences gouvernementales chinoises (je pense que Google a des preuves de cela mais ne le met pas en avant pour ne pas envenimer les choses inutilement)

Réflexion d’un ami qui connait bien la Chine :

Google ne voulait pas se retrouver dans une situation à devoir balancer des dissidents chinois sur ordre du gouvernement (quoique je crois que l’Armée de Libération n’a pas besoin des fichiers de Google pour choper les types)

- même s’il est évoqué dans l’émission de radio que Baïdu, le concurrent de Google, a 55 à 60 % de parts de marché, ne sont pas données les raisons de ce succès par Thierry Garcin ou son invité. Les voici :

    • si Baidu permet un accès personnalisé avec login qui permet d’enregistrer les recherches d’un même utilisateur sur plusieurs machines
    • si Baidu comme Google permet à ces utilisateurs de “supprimer” des résultats de recherche
    • si Baidu comme Google tient compte à la marge des clics des internautes pour modifier ses résultats.
    • Google map n’a de photos satellite que pour les très grandes villes et je ne sais pas s’il y a des plans
    • il doit y avoir de meilleurs services email indépendants que Gmail en Chine à l’image de mail.ru en Russie
  • . sauf sur les sujets censurés (répression de la place Tian’anmen, droits de l’homme…) sur lesquels Baidu n’offre aucun résultat, Baidu offre én général de meilleurs résultats que Google.cn (ce résultat est le fruit de l’expérience d’un ami qui a passé 2 ans en Chine)

    . Le succès de Baidu ne s’explique pas par son nombre d’utilisateurs plus élevé que celui de Google.cn avec 3 nuances :

    . Comme l’algorithme de Baidu a été développé pour des caractères non-latins (les idéogrammes chinois), il est peut-être meilleur que celui de Google et plus adapté à la langue.

    Plus proche de nous il est intéressant de noter qu’en Russie http://www.yandex.ru/ a 75 % des parts de marché, peut-être pour les mêmes raisons que Baidu : algorithme plus adapté aux caractères et à la langue.

    Par contre, mystérieusement, Google et Yahoo dominent le marché japonais à l’inverse des théories ci-dessus.

    Et je n’ai pas de chiffres sur la Corée mais il doit y exister des moteurs locaux.

    . Baidu référence mieux les fichiers .mp3 et donc les Chinois utilisent Baidu pour faire du direct download illégal alors que Google;cn respecte mieux le droit d’auteur (ou il faut ruser en utilisant le filtre filetype:mp3, ce que la plupart des internautes chinois doit ignorer)

    . Google.cn indexe le chinois “moderne” et le chinois mandarin plus utilisé à Taïwan, ce qui donne plus de résultats mais moins de résultats pertinents (les Chinois doivent préférer avoir les résultats dans une seule “langue”); ce constat est général : Google a un plus gros index mais un moins bon “tri”.

    . Google ne propose pas autant de services annexes sur google.cn que sur google.com ou .fr :

    . Baidu est aussi un moteur de forum et les Chinois, d’après ce que j’ai lu, préfèrent les forums anonymes aux “Yahoo Answers” publics.

    . dernière raison parfois évoquée : Baidu est chinois alors que Google est vu comme étranger et les chinois patriotes préfèrent “surfer” chinois (les jeunes préférants “surfer américain” sont moins nombreux).

- sans rentrer dans ces détails techniques un autre invité aurait pu
. soit expliquer la position de Google (en rappelant que les parents de Sergueï Brin ont fuit la dictature soviétique sous l’ère Brejnev, d’où sa position face à une autre dictature),
. soit expliquer celle de la Chine.

Publié dans politique, search engine optimization, Web | 2 Commentaires »

 
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